Borduas et Riopelle, fantômes oubliés d’un immeuble abandonné ? – .

Borduas et Riopelle, fantômes oubliés d’un immeuble abandonné ? – .
Borduas et Riopelle, fantômes oubliés d’un immeuble abandonné ? – .
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À l’occasion des célébrations du centenaire de Jean Paul Riopelle, l’édifice des Beaux-Arts où le scandale de déni général reste abandonné. Ses portes d’entrée sont barricadées depuis des années. L’ancienne École du Meubles, un imposant édifice Beaux-Arts au cœur de Montréal, continue de se dégrader, même si le destin de Paul-Émile Borduas et de plusieurs artistes majeurs, dont Riopelle, y est étroitement lié.

Paul-Émile Borduas est expulsé de son poste de professeur en 1948, après la publication du manifeste déni généralsigné entre autres par son élève Riopelle.

L’ancienne École du Meuble est l’un des bâtiments les plus élégants du Quartier Latin, même si un manque d’entretien évident a terni son lustre passé.

Ses murs extérieurs, faits de calcaire, n’ont même pas de plaque commémorative rappelant l’histoire qui s’y est déroulée et pourtant, elle continue d’être rappelée comme l’un des monuments du Québec contemporain.

Selon le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), propriétaire des lieux, « ce bâtiment a encore le potentiel de redevenir un atout scolaire ». Les plans de revalorisation des quartiers pourraient l’intégrer.

Pourtant, rien de concret n’est prévu depuis des années pour la réhabilitation de cet immeuble situé à l’angle du boulevard René-Lévesque et de la rue Berri, deux des principales artères de Montréal. « Nous n’avons pas de terme pour l’occupation de cette propriété, indique le CSSDM au Devoir. L’analyse de son potentiel pédagogique se poursuit. »

“Nous avons réalisé des travaux de sécurisation pour éviter sa détérioration”, affirme le CSSDM au Devoirsans donner plus de détails.

Doit-on s’attendre, après tant d’années, à ce que le bâtiment soit bientôt amélioré d’une manière ou d’une autre ? Encore une fois, il n’y a pas de réponse claire. « L’analyse se poursuit quant à son utilisation future. Nous y sommes pour l’instant. »

Valeur historique et symbolique

Selon l’historien Gilles Lapointe, spécialiste du mouvement automatiste, l’édifice a une « vraie valeur patrimoniale » pour le Québec. Car c’est dans cet édifice que Borduas « donna des cours jusqu’à son congédiement en septembre 1948. C’est donc dans l’édifice de la rue Berri qu’étudièrent Jean Paul Riopelle, Marcel Barbeau et Maurice Perron », entre autres figures importantes de l’histoire de l’art.

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Vers 1942, l’École du meuble déménage au 1097 rue Berri. C’est là que Borduas enseignera et exercera une profonde influence culturelle, jusqu’à la publication de déni général, un véritable coup de tonnerre dans la société Duplessis. Il est alors remplacé par un jeune designer français qui vient d’atterrir à Montréal : Frédéric Back.

Jusqu’à l’implantation des réformes du système d’éducation au milieu des années 1960, l’École du meuble, avec ou sans Borduas, a produit quelques générations d’artisans habiles et dans certains cas, même à leur grand regret, des artistes de très haut niveau. Comme Jean Paul Riopelle.

abandonné depuis des années

En 2019, Catherine Harel Bourdon, alors présidente de la CSDM, expliquait au Devoir que certains travaux soient exécutés prochainement dans cet édifice afin d’en assurer la conservation. Cependant, rien n’était prévu pour l’occuper et lui redonner vie. Et rien n’a changé depuis.

Trois ans plus tard, ce témoin d’un tournant dans l’histoire du Québec contemporain est toujours à l’abandon, bien qu’il soit situé dans l’un des centres vitaux de Montréal, à un coin de rue de la station de métro Berri -UQAM.

Un architecte de renom

Cet édifice est l’œuvre d’un architecte de renom : Jean-Omer Marchand (1872-1936). Entre les guerres, Marchand est le seul architecte canadien diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Son travail, plusieurs fois primé, fait de lui un artisan de la construction sans égal.

On doit à Jean-Omer Marchand plusieurs autres constructions publiques importantes. À Montréal, la chapelle du Grand Séminaire, l’édifice de la Cour municipale, les bains Généreux, aujourd’hui Écomusée du fier monde, et la cossue résidence du financier Rodolphe Forget, aujourd’hui consulat de Russie, comptent parmi plusieurs de ses réalisations.

Considéré comme l’un des architectes canadiens les plus novateurs du début du XXe siècle.moi Marchand laissera également sa marque en contribuant à la conception de l’édifice central du Parlement fédéral à Ottawa. En dehors des grands centres, il est à noter qu’elle est également à l’origine de la construction du Château Beauce, à Sainte-Marie, un édifice aujourd’hui classé par l’État pour son importance patrimoniale.

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