une radiographie kitsch et clichée des banlieues de France – .

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TÉLÉVISION RÉTRO, SAISON 2

« L’Obs » replonge tout l’été dans les séries télévisées iconiques des années 80, 90 et même du début des années 2000. Force est de constater qu’aujourd’hui, ce que l’on a vu il y a 30 ans semble explosif, parfois choquant, souvent inadapté. à la société contemporaine. Préparez-vous au choc culturel…

Aujourd’hui encore, ceux qui n’ont jamais vu ses aventures savent qui elle est. La commissaire Julie Lescaut, incarnée par Véronique Genest, a depuis longtemps réuni plusieurs générations de Français. Relégués aujourd’hui au rang de narines des années 90, les “soap opera” (comme on disait à l’époque) atteignaient parfois des sommets allant jusqu’à 10 millions de téléspectateurs.

La suite après l’annonce.

Avec “Star Academy”, la promesse d’une télé-réalité studieuse (mais tout aussi voyeuriste)

Adaptée du roman homonyme d’Alexis Lecaye, l’une des premières séries françaises à succès représentait pourtant un risque pour les investisseurs de TF1 lorsqu’ils en ont acheté les droits. Et pour cause, comme Julie Lescaut est moderne ! Alors que la télévision française accorde une place privilégiée aux héros masculins, notamment dans les séries policières, où les femmes sont reléguées à des rôles secondaires, voire des femmes trophées, Lecaye imagine une mère célibataire d’une trentaine d’années, qui trouve sa place dans un fief encore très masculin aujourd’hui : la police. Un exploit pour l’époque.

L’auteur en avait conscience lorsqu’il créa Julie Lescaut en 1992, ” le personnage sortait des sentiers battus », explique-t-il au « Monde » en 2013. Son souhait ? Démontrer qu’une policière exemplaire, mère de famille, pouvait influencer la façon de se comporter dans la police. Un projet un peu essentialisant pour les femmes, qui servirait donc à donner l’exemple à une police trop brutale, trop corrompue, et oserons-nous dire, trop masculine ; Julie Lescaut est également, dans la première saison, le seul personnage féminin de la série, avec ses deux jeunes filles.

Julie Lescaut, héroïne bien ordinaire

Un brouillon de scénario avec des limites, certes, mais qui offre néanmoins une bonne photographie de l’époque et de la place des femmes dans le monde du travail dans les années 1990. ” Notaire « Alpaga un policier du premier épisode. ” Que veut la dame au patron ? », lance un suspect d’un air moqueur. Face à eux, l’héroïne Julie Lescaut tente d’imposer son style et semble jongler avec les mandats de l’époque : rester désirable et souriante, voire drôle, malgré les offenses quotidiennes, asseoir son autorité et vaincre la présomption d’incompétence qui l’accompagne. souvent aux femmes dans le monde professionnel.

Preuve en est les deux faces de l’intrigue, qui oscillent entre les enquêtes policières (une par épisode), et la difficulté de Julie à concilier vie professionnelle et vie familiale. ” C’est […] cette présence conjuguée de problèmes de la vie quotidienne et de société qui a immédiatement suscité l’adhésion du public et surtout celle d’un public familial », abonde l’auteur des romans. Julie Lescaut, avec ses préoccupations de mère lambda, suscite l’empathie et l’adhésion d’un public familial en quête d’ordinaire, de héros qui traversent les mêmes épreuves.

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Une certaine image de la banlieue.

Autre bizarrerie qui aurait pu effrayer les producteurs de TF1 : le nouveau commissaire est muté en banlieue, et va devoir côtoyer des criminels et autres trafiquants de drogue. Dès les premières séquences, les policiers et collègues de Julie Lescaut s’illustrent de répliques qui flirtent avec le racisme et paraissent surréalistes quarante ans plus tard. Comme dans le premier épisode où l’un des policiers, au moment de présenter une de ses collègues à Julie Lescaut, se sent obligé de préciser : « Alors, faites-moi confiance : c’est un homme noir. »

Plus tard, un citoyen arrive avec deux adolescents qu’il tient par le cou : ” Enfermez-moi sur ces petites merdes, petits voleurs il tonne Les deux adolescents sont racisés, des personnes touchées par le racisme, tout comme la plupart des suspects de la série. ” Ici, nous sommes entre le procureur et les gobelins. », résume un autre confrère de Lescaut, pour définir la banlieue où il officie. Dans la voiture, les yeux fixés sur la route, Julie Lescaut a répondu œil pour œil : « Il faut dire que nous ne facilitons pas son intégration. Entre chômage et ghetto, ils se défendent pour prouver qu’ils existent. »

Une bonne foi qui ne suffira pas à gommer les dizaines de personnages absurdement caricaturés, comme le « docteur savannah, grande cigogne marabout où se rend l’équipe de police, ou un homme, lui aussi racisé, présenté comme malveillant… alors qu’il est victime d’une bavure policière reléguée au rang de détail dans le complot.

En revanche, les policiers, qui outrepassent régulièrement leurs droits, se plaignent auprès de leur supérieur hiérarchique d’être immobilisés lorsqu’ils commettent des bêtises. ” Je vais remettre ma démission. Quoi que nous fassions, nous sommes des suspects », grogne l’inspecteur Ramírez, mis en cause parce qu’il a plongé un enfant innocent dans le coma. Quelques dizaines de minutes plus tard, l’inspecteur et amant de Julie fait parler un faux témoin dans une affaire de drogue, sans être interrogé.

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Véronique Genest, actrice désormais très contestée

Cette vision d’une France à deux vitesses, partagée entre citoyens de seconde classe et blancs, a conduit le rappeur Diam’s à écrire en 2008 que « ma France ” ce n’est pas “ celui qui vénère Sarko, intolérant et gênant / Celui qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des « Showgirls » “.

Six ans plus tard, la série s’arrêtera définitivement après 101 épisodes et vingt-deux ans d’existence. Raison donnée ? La chute de l’audience. En coulisses, une autre raison est évoquée, le désir de Véronique Genest de se lancer en politique ; fut brièvement candidat suppléant, sans étiquette, aux élections législatives du 8moi circonscription des Français résidant à l’étranger. Depuis, c’est surtout à cause de ses prises de position islamophobes puis anti-vaccins que l’actrice fait parler d’elle. D’icône, Véronique Genest est devenue une personnalité questionnée et controversée. Une chute là aussi.

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